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L’influence de Gaston Bardet

le 29 octobre 2018

1907-1989

Au début des années cinquante, Le Rheu est une petite commune rurale comportant moins de 1000 habitants dont la population tend au vieillissement, du fait d'un renouvellement trop limité. Elle ne possède pas d'équipements et son espace rural, morcelé, dispose de peu de moyens de communication.

Après une première opération d'urbanisation aux Landes d'Apigné, le Maire, Jean Chatel, estime que ce lotissement ne correspond pas à son projet de construction d'une petite ville à dimension humaine.

C'est à ce stade de réflexion qu'il découvre les théories de l'urbaniste Gaston Bardet grâce à son ouvrage "Le nouvel urbanisme ".

Gaston Bardet, directeur des études de l'Institut International et Supérieur d'Urbanisme appliqué à Bruxelles et ancien Secrétaire général de la Société française des urbanistes est avant tout un théoricien qui a rarement mis en application ses conceptions. Invité par Jean Chatel à mettre en oeuvre sa vision de cité-jardin, il sera l'urbaniste conseil de Le Rheu à partir de 1957.

Selon Gaston Bardet, la réussite d'une ville "dépendra du soin apporté à la formation d'une véritable âme urbaine ".

L'application de ces conceptions donne une ville pavillonnaire en "échelons " gigognes établis autour d'équipements collectifs afin de favoriser le lien social et les solidarités de voisinage. Pour la circulation, il veut une organisation "radio-concentrique ", en toile d'araignée, composée de "voies rayonnantes qui vivifient" et d'autres, circulaires, qui "enveloppent et unifient ".

Il réalise des scènes urbaines, au sens pictural du terme, en se souciant du moindre détail (maisons jumelées, clôtures, plaques de rues en lave décorées, volets de fenêtres, trottoirs paysagers...) dans des placettes (ex : place des acacias), le long des rues (ex : rue des bruyères) et dans les carrefours.

Croyant à l'importance du "mariage de la ville avec la verdure ", il apporte un soin extrême aux espaces extérieurs et au paysage. Il a su préserver la trame bocagère existante en créant des rues ou des chemins piétonniers à partir des anciens chemins creux.

Il mettra en chantiers trois lotissements : le lotissement "est " (rue Jean Chatel, rue des chênes, rue des bruyères...), le lotissement "des oiseaux " (avenue des cygnes, rue des mésanges...) et le lotissement "des sports " (avenue des sports, rue des tennis... ) et quittera Le Rheu en 1967.

Gaston Bardet a, par ailleurs, réalisé peu d'opérations. Il a pendant une dizaine d'années, mené à Le Rheu une expérience originale qui a marqué durablement la commune. Ce faisant, il allait, à l'époque, à l'encontre des fonctionnalistes comme Le Corbusier, partisans de l'urbanisme vertical et de la table rase. Cette spécificité rheusoise lui vaut, aujourd'hui encore, les visites de nombreuses délégations d'élus et de spécialistes de l'aménagement urbain.

Les citations en italique sont extraites de l'ouvrage de Gaston Bardet, Le nouvel urbanisme.

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